Une minute de danse par jour… par Nadia Vadori-Gauthier

Une minute de danse par jour par Nadia Vadori-Gauthier

Une minute de danse par jour depuis janvier 2015

« Et que l’on estime perdue toute journée où l’on n’aura pas dansé au moins une fois »

Nietzsche dans Ainsi parlait Zarathoustra

On peut dire que la danseuse et chorégraphe franco-canadienne Nadia Vadori-Gauthier (aussi chercheuse en art) l’a pris au pied de la lettre en initiant ce projet quotidien de performance après les attentats de janvier 2015.

“Depuis les attentats, je danse chaque jour sans exception, pour nous, pour la Terre, pour notre temps.” écrit-elle sur son site Une Minute de Danse par Jour.

Un acte de résistance poétique

“Mon engagement est lié à un certain état de violence du monde et à l’envie d’agir au quotidien pour une poésie en acte, d’œuvrer pour la vie, pour des solidarités, pour plus de douceur entre les catégories et les corps. En ces temps de pandémie, il semble plus que jamais nécessaire de veiller à activer ce qui nous relie et fait battre nos cœurs… Je danserai encore aujourd’hui, pour nous, pour le monde d’interrelations éthiques dans lequel j’ai envie de vivre.

L’art et la culture sont un de nos biens communs les plus précieux, ils ne sont ni un divertissement, ni une activité accessoire, mais un indispensable qui nous connecte à nos parts d’incommensurable et d’imaginaire sans lesquelles nous ne serions pas vraiment humains.

C’est un acte libre et gratuit qui s’effectue selon un cahier des charges simple et précis. C’est une joie de voir chacun s’en emparer à sa façon et à sa mesure. Nos danses font le monde plus beau ! »

Nadia Vadori-Gauthier

Le dispositif est simple : elle choisit un lieu, pose sa caméra et danse une minute chrono, tous les jours, à n’importe quelle heure, avant de poster sa vidéo sur les réseaux sociaux quasiment sans montage.

Un éclair de mouvement arraché au quotidien

Ce qui me touche particulièrement dans sa démarche, c’est son aspect profondément humain et militant, en relation avec les autres et le monde, sans fards et sans chichis. Comme une pirouette arrachée au quotidien, un éclat de mouvement et d’humanité quelle que soit l’humeur et la météo du jour.

Mais aussi bien sûr, la régularité incroyable avec laquelle elle “performe” et l’ampleur que cela peut prendre ! Depuis 2015, ça en fait un paquet de minutes à virevolter au milieu des passants et des rues, dans les transports ou des endroits plus improbables les uns que les autres. Et elle doit compter les rencontres magiques par centaines.

En 2015, elle disait au Monde :

« Je ne cherche pas la performance, ne veux pas me soumettre au spectaculaire. Je désire juste me glisser dans les interstices du banal pour faire sourdre un peu de poésie. Je me sens un peu comme un sismographe dans un environnement dont je capte les échos. »

Nadia Vadori-Gauthier

Cela me fascine toujours de voir comment une toute petite action, lancée sans préméditation et répétée souvent, peut prendre une forme tellement réelle et devenir quelque chose de puissant, qui nous dépasse bien souvent et va bien au-delà de ce que l’on imaginer au début. Car de ce projet est né un livre, un spectacle au Théâtre de Chaillot et ce n’est certainement que le début.

Sur ce, je vous souhaite une Wanderfull semaine à poser votre minute de grâce quotidienne et pourquoi pas voir ce qui en ressort dans quelques années 🙂


Raphaelle

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