Doublé (ou plutôt quintuplé) gagnant

Ce week-end marquait deux événements importants et un festival d’anniversaires en ce qui me concerne :

  • le premier très public et moyennement réjouissant (samedi)
  • le second très personnel et nettement moins dramatique (dimanche)

Le 11 septembre ENFIN derrière moi

Il y a 20 ans, le 11 septembre 2001, les tours jumelles s’écroulaient à New York. Comme tout le monde, je m’en souviens. Probablement de manière un peu plus marquante que la plupart d’entre vous, puisque je vivais alors à New York… et travaillais même dans l’une des tours jusqu’à deux mois avant les attentats.

Je me rappelle avoir écrit quelques jours plus tard un email à tous ceux qui m’avaient demandé des nouvelles, dans lequel je décrivais un grand papillon noir qui aurait ouvert ses ailes et recouvert mon coeur. C’est ce que je ressentais alors. Et ce que j’ai ressenti longtemps.

Pendant au moins 10 ans, j’ai eu beaucoup de mal à évoquer le 11 septembre – à l’oral ou en pensée – sans être assaillie d’émotions tumultueuses. Un mélange de colère, tristesse, honte et peur.

Vous en reprendrez bien un petit peu, ma bonne dame ?

Et puis paf, 10 ans plus tard – au moment où NY commençait à se tasser – je me retrouve au milieu d’une catastrophe naturelle au Ladakh tout aussi dramatique, mais nettement moins médiatisée. Là, je suis emportée pendant des semaines par une colère tapageuse. Contre les médias qui racontent n’importe quoi, les ambassades de tous les pays qui nous dépêchent en urgence une bande de bras cassés (Adrien Deume dans son bureau de la SDN dans Belle du Seigneur fait figure de génie en comparaison, c’est dire), les compagnies aériennes, les assureurs (tous véreux, comme les garagistes, n’est-ce pas ?), la Croix Rouge… que sais-je ? Tout y passe

Je rumine ainsi pendant des semaines, ulcérée, très probablement pour éviter d’être tout simplement sidérée par ma peur et la réalisation de ma propre finitude.

Bref, tous ces ressentis et émotions évidemment sont devenus bien moins forts au fil du temps et donc nettement plus vivables. Mais c’est seulement cette année que, pour la première fois, j’ai pu penser au 11/09, en parler, écrire à ce propos et même revoir des images sans ressentir d’émotions vives ou troubles.

Pour la première fois, j’ai vécu dans ma chair le fait que j’étais en paix avec cette date et cet événement. J’ai ressenti que mon corps était déchargé de tout résidu émotionnel négatif ou paralysant. Comme si j’avais appuyé sur le bouton “reset” et vidé le réservoir avec succès. Enfin.

Alors certes, le temps fait son oeuvre. Mais en l’occurence, la véritable raison réside je pense dans tout autre chose : l’EMDR.

EMDR, kezako ???

L’EMDR signifie “Eye Movement Desensitization and Reprocessing” (en français dans le texte : désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires). C’est une méthode particulièrement reconnue et efficace pour traiter les troubles de stress post traumatique (TSPT).

Entre l’hypnose et la thérapie cognitive et comportementale, l’EMDR est une thérapie très simple basée sur la stimulation sensorielle, qui permet de retraiter des vécus traumatiques non digérés à l’origine de divers symptômes. Qui dit trauma ne dit pas nécessairement grand traumatisme hein, je vous rassure ! Et je vous invite á vous rencarder sur internet si vous voulez en savoir plus.

En tout cas, c’est une démarche que j’ai entamée il y a quelques mois, pour traiter tout autre chose… mais évidemment le Ladakh et le 11/09 sont venus sur le tapis un jour en session et j’ai eu ainsi l’occasion de “retraiter” ces événements au travers des mouvements oculaires (littéralement, rien de bien sorcier, il s’agit de suivre une lumière qui court le long d’un objet). Et je suis convaincue que cela me permet de ressentir aujourd’hui pour la première fois qu’ils sont définitivement évacués. Yallah !!!

12 septembre : c’est parti pour le Guiness des Records

Dimanche il me restait donc à fêter le second anniversaire évoqué en préambule : les 125 ans cumulés de ma mère, moi-même et mon petit dernier (80+44+1) !

Trois générations successives nées le 12/09… en réalité, quatre, puisque ma grand-mère paternelle partageait la même date d’anniversaire, mais elle n’est plus de ce monde. Un festival d’anniversaires, je vous dis !!!

À la naissance de mon fils, je me suis dit que ce n’était tout de même pas banal cette affaire. Pour en avoir le coeur net, j’ai regardé le Livre Guinness des Records ! Et bien figurez-vous nous serions la 8ième famille au monde à détenir ce record de 4 générations successives nées à la même date (il doit évidemment y en avoir plus, mais pas dans le Guinness).

Dingo non? On comprend mieux pourquoi je bassine depuis toujours tout le monde avec mon anniversaire. Et le droit d’exister, j’ai 🙂 ? En tout cas, mes copines ici ont bien compris que ce serait un grand luxe d’avoir un moment rien que pour moi dimanche… et m’ont fait la surprise de 3 heures 1/2 de merveilleuse décontraction au Bush Spa, dont un des highlights a été mon bain sur fond d’hippos !

Sur ce, je vous souhaite une Wanderfull semaine pleine de célébrations,

Raphaelle

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