Soustraire ou additionner ?

Soustraire ou additionner

Quand on oublie qu’on peut aussi soustraire

Comment aider un enfant à apprendre la bicyclette ? Traditionnellement, en ajoutant des stabilisateurs. Ou bien… en enlevant les pédales – et ça marche bien mieux, comme le prouve la mode des draisiennes qui n’ont émergées que depuis une dizaine d’années. 

Ce que montre cet exemple, c’est que face à un problème, la tendance naturelle est de chercher la solution en ajoutant, pas en soustrayant.

Tendance à additionner ? C’est normal !

Une équipe de chercheurs de l’université de Virginie vient de le démontrer dans Nature par une série de huit expériences, résumées simplement dans cet article et cette courte vidéo (tous deux en anglais, I am afraid).

Au démarrage de cette étude, une simple partie de Lego entre Leydi Klotz et son fils Ezra. Face à un pont bancal – un des piliers était plus court que l’autre – Leydi (le père) était déjà entrain d’attraper un cube supplémentaire pour l’ajouter du côté le plus court, tandis qu’Ezra (le fils) s’emparait de la construction pour l’équilibrer en retirant un cube du côté le plus haut.

Fort de cette réalisation, Leydi et une équipe de chercheurs ont proposé à des volontaires de “jouer” aux Lego et constaté qu’entre résoudre un problème simplement en retirant un élément, ou de manière plus coûteuse et plus compliquée en en ajoutant un, les gens préfèrent la deuxième solution.

Quand on leur demande d’améliorer un itinéraire de voyage, seulement 28 % des participants éliminent les destinations. Retoucher un texte? Plus de 80% décident de l’allonger. Améliorer une recette de soupe ? En moyenne, ils rajoutent trois ingrédients.

Notre cerveau préfère additionner que soustraire

Leur hypothèse : notre cerveau préfère naturellement ajouter que soustraire. Les idées additives viennent plus rapidement à l’esprit, tandis que soustraire demande plus d’effort. Et comme dans notre subconscient « plus, c’est mieux », enlever quelque chose est associé à une perte.

Par conséquent, la meilleure façon de gérer un problème est, pour la plupart d’entre nous, d’ajouter de nouvelles fonctionnalités, même si ce n’est pas la solution la plus rationnelle (ni la plus sympa pour l’environnement, cela va de soi).

Less is more on vous dit !!!

Bref : même quand less is more – comme j’en parlais dans un autre billet – on a tendance à chercher more.

Alors pour une fois je fais court et vous souhaite une Wanderfull semaine pleine de soustractions. Et comme je n’ai plus rien à ajouter, je laisse le mot de la fin à notre ami Léo :

“La perfection est atteinte, non pas lorsqu’il n’y a plus rien à ajouter, mais lorsqu’il n’y a plus rien à retirer.”

Léonard de Vinci

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