Bertrand Piccard: le wind guru qui murmurait à l’oreille d’Éole

Le premier tour du monde en ballon : Bertrand Piccard et le Breitling Orbiter 3

L’histoire n’est pas récente (1999, ça date un peu me direz-vous), mais je ne l’ai découverte que récemment. Et trouvée fabuleuse.

Bizarrement, j’ai un vague souvenir de la tentative avortée de tour du monde en ballon de Richard Branson – le flamboyant patron de Virgin Atlantic – dans mon enfance.

Mais aucun du premier tour du monde en ballon réussi par Bertrand Piccard et son Breitling Orbiter 3 quelques années plus tard. Redécouvrons cette aventure épique et la fabuleuse histoire de transmission familiale de ce médecin aventurier engagé pour l’environnement.

Bertrand Piccard : l’homme qui tutoyait les nuages

Ce que beaucoup d’autres ont tenté avant lui, le suisse Bertrand Piccard l’a accompli ! Cela n’a évidemment pas été sans quelques échecs cuisants… notamment sa première tentative en 1997.

Après 6 heures de vol seulement, sa capsule flotte misérablement en Méditerranée, du fait d’une fuite massive de carburant qui obligent son coéquipier et lui-même à effectuer un amerrissage d’urgence en raison du risque d’explosion.

C’est probablement une des leçons les plus intéressantes de son exploit (comme de nombreux autres) : ce n’est pas parce que vous connaissez une déconvenue lamentable qu’il faut se décourager.

On l’entend d’ailleurs à répétition : un vrai bon entrepreneur connaîtra plusieurs échecs avant de monter une entreprise viable. Et apprendra de ses échecs à chaque fois. Mais entre l’entendre et se l’appliquer, il y a un monde n’est-ce pas ?

Alors un exemple plus pragmatique encore me semble t-il : si les bébés arrêtaient d’essayer de marcher à la première chute, nous serions une bande de cloportes nous traînant à ras du sol, boudiou !!! Au lieu de ça, nous créons chaque jour une humanité qui tient (plus ou moins) fièrement debout.

Une bulle d’air dans le ciel

Bref, pour en savoir plus sur cette épique aventure, je vous invite à aller sur le site de Bertrand Piccard https://bertrandpiccard.com/tour-du-monde-en-ballon ou à regarder le documentaire GOSH sur le vol Orbiter 3 (en anglais).

Leur succès est lié – entre autres – à un mélange de technologie, de travail d’équipe, d’audace, de conviction et de chance. J’adore notamment le coup de poker tenté en désespoir de cause pour trouver de meilleurs vents à l’approche des Caraïbes : dépenser une énorme quantité de propane pour monter aussi haut que possible.

À 10 500 mètre d’altitude, les courants les remettent miraculeusement dans la bonne direction ! Mais il reste encore 10 000 kilomètres à parcourir, soit le quart du tour, avec le dernier huitième des réserves de gaz.

Seule solution pour réussir : que la vitesse du vent quadruple, et c’est précisément ce qui arriva. Après des jours à se traîner à 30 kms / heure, ils franchissent le dernier méridien à la vitesse de 200 kms / heure et atterrissent le lendemain en Egypte ! Épique, je vous dis.

L’exploration comme seule façon de vivre : une histoire de famille

L’aventure est dans l’ADN familial de Bertrand Piccard. En effet, son grand-père et son père avant lui ont repoussé les limites de ce qu’on considérait comme impossible à leur époque.

Son grand-père Auguste Piccard est l’inventeur de la cabine pressurisée qui équipe aujourd’hui tous les avions et le premier homme à avoir vu de ses propres yeux la courbure de la Terre.

Et son père Jacques Piccard, est le digne successeur du Capitaine Nemo !Pionnier dans l’océanographie autant que dans la protection de l’environnement, il devient l’homme le plus profond du monde en touchant le fond de la Fosse des Mariannes à bord du Bathyscaphe « Trieste ». À près de 11 000 mètres de profondeur, il découvre un poisson et force les gouvernements à mettre un terme à leurs projets de jeter les déchets radioactifs et toxiques dans les abysses que tout le monde croyait désertes.

Bertrand Piccard (le fils) et Jacques Piccard (le père)

Une fabuleuse histoire de transmission

Comme Bertrand Piccard l’écrit dans ce merveilleux article “Ce que mon père m’a appris…” https://solarimpulse.com/news/ce-que-mon-pere-m-a-appris# :

“Au contact de mon père, l’exploration devenait la seule façon de vivre, et j’étais convaincu que tout le monde partageait ce même état d’esprit : sortir des préjugés pour entrer dans les doutes et l’inconnu ; utiliser les points d’interrogation afin de stimuler sa créativité et inventer de nouvelles solutions ; transformer l’impossible en possible !”

Une magnifique histoire de transmission qui n’enlève rien à son panache. Et en plus il est beau gosse… Ok ça n’a rien à voir, mais bon je voulais le mentionner 🙂 

Le mot de la fin

Le mot de la fin revient à Bertrand Piccard lui-même :

“Comme le ballon, l’être humain doit changer d’altitude, s’il veut changer de trajectoire dans les vents de la vie.”

Une bien belle phrase à méditer en profondeur. Particulièrement en ce moment. Et ça tombe bien, la semaine prochaine nous parlerons changement de trajectoire justement !

Bertrand Piccard : au revoir avant l'envol

Je vous souhaite une Wanderfull semaine, accompagnée d’un bon gros vent de folie 🙂

Raphaelle

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